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St-Aubin-du-Pavoil : un nouveau lieu de culte


L'ancienne égliseQuand vous arriverez dans le village de St Aubin du Pavoil, vous ne voyez plus le grand clocher de l’église dépassant les toits des maisons. Il faut maintenant entrer dans le bourg pour découvrir une petite chapelle moderne à la place de l’ancien édifice.
Madame Bénédicte Thévenin, architecte en charge du projet exprime son ressenti tout au long de ce difficile dossier.

« Quand la Mairie de Segré prend la décision d’intervenir sur l’église de Saint Aubin du Pavoil, fermée au public depuis de nombreuses années, il m’est demandé de comparer le coût de la rénovation du bâtiment avec des solutions de réhabilitation partielle, y compris celle de démolition.
Mais la démolition n’est pas du tout présente encore dans ma tête. L’étude commence donc par un travail en lien avec un économiste spécialiste du patrimoine et les bureaux techniques pour connaitre l’état de l’édifice, sa solidité et surtout quelles dispositions mettre en œuvre pour conserver cet édifice datant du milieu du XIX siècle. De concert avec les bureaux d’études, nous avons chiffré la rénovation de cette église et plusieurs autres solutions que nous avons présentées au Conseil Municipal et à l’Evêché.
Rapidement et devant l’ampleur des frais à engager, la réhabilitation à l’identique est abandonnée, sachant que la municipalité de Segré rénove et entretient déjà régulièrement l’église de la Madeleine, et qu’elle a aussi en charge les deux autres chapelles de St Joseph et du cimetière ; le dossier s’oriente donc vers les autres issues à ce projet. »
Démolition, reconstruction « La démolition pure et simple avec aménagement du centre du village est une option envisagée. Pourquoi reconstruire une église à St Aubin, autre lieu de culte de la ville de Segré, alors que l’église de la Madeleine nécessite des travaux importants pour rester accueillante ? C’est la position d’un certain nombre de personnes habitant le segréen. Deux projets voient le jour dans ce sens : en conservant la trace de l’ancienne église et en paysageant l’espace laissé libre.
Un autre projet reprend les conclusions du diagnostic : conserver le chœur et le fermer par une verrière contemporaine »

« Enfin la démolition reconstruction en implantant un petit bâtiment à l’intérieur du périmètre de l’ancienne église tout en conservant les traces de la vieille église. Les négociations menées avec l’évêché, la mairie, Monsieur le curé, ont abouti au projet actuel d’un bâtiment simple de 50 m² posé dans le chœur de l’ancienne église. »
Que s’est-il passé au XIXe siècle, lorsque le « Conseil de Fabrique »* a décidé de détruire l’ancienne église et d’en reconstruire une autre encore plus grandiose ? « Les paroissiens n’ont pas eu d’état d’âme lorsqu’ils ont démoli tant d’églises romanes en Maine et Loire ».
« Effectivement je n’aurais pas cru, après avoir fait l’Ecole d’architecture, que j’aurais été confrontée à la déconstruction d’une église ! Par contre il est tout à fait heureux qu’un architecte soit amené de nos jours à s’exprimer pour réaliser un lieu de culte dans un esprit contemporain. J’ai souhaité le faire dans le respect du site et la discrétion.
« Ce projet a été travaillé de concert avec M Jacques Courilleau, paysagiste. _ Plusieurs objectifs à atteindre pour réaliser cette chapelle : garder les traces de l’ancien édifice qui porte encore le souvenir de toutes les personnes qui y sont passées. Toutefois ne pas donner dans le genre ruines néo-gothiques ou Rome antique. Construire un bâtiment dans le centre du chœur qui tranche avec les murs conservés, par sa conception moderne. Une construction simple et éclairée par la lumière extérieure pour amener beaucoup de sérénité et de paix pour les passants dans un lieu propice à la méditation. Permettre aussi la transparence à travers le bâtiment pour mettre en valeur les éléments de l’ancienne église. Et puis un jardin extérieur dans le fond du chœur visible de la chapelle par une grande baie vitrée pour le coté recueillant de ce lieu. »
« C’est un projet important, motivant, malgré les nombreuses critiques tout au long du chantier. Et puis, la déconstruction a été, je pense pour tout le monde, un moment d’immense émotion. Enfin quand le chantier est terminé, je suis contente de rencontrer des personnes qui apprécient ce projet et trouvent ce lieu accueillant, harmonieux. »

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La chapelle actuelle

« Etre accueilli en façade par une tête de lion, le gardien du sanctuaire, une figure féminine qui représente le bien et cette tête de diable grimaçant pour signifier le mal dans le bestiaire du Moyen Age, toute cette symbolique de l’art roman est ici pour signifier la lutte perpétuelle entre le bien et le mal. » Ce sont 3 des modillons sculptés qui soutenaient la corniche du clocher. Une bénédiction de la chapelle a eu lieu le 20 octobre 2013, lors de la fête de la Paroisse St René Goupil. Elle est ouverte maintenant tous les jours et il reste à faire l’aménagement mobilier de la chapelle.

* (La fabrique, au sein d’une communauté paroissiale catholique, désignait un ensemble de « décideurs » clercs, notables et laïcs nommés pour assurer une veille quant à l’administration des biens de l’église)

Propos recueillis et reproduits avec l’autorisation de Jean Chevalier et tiré de la revue Trait d’union de janvier 2014.




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