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La gare de Segré
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L’Assemblée Constituante décida de son avenir en la désignant comme sous-préfecture du nouvel arrondissement aux dépends de l’autre candidat : Le Lion d’Angers, plus important et surtout desservi par de meilleures routes. Mais Segré, est républicain et le Lion d’Angers est royaliste.
Au mois de mars 1865, pour affirmer l’importance de Segré, on lui donne 59 hectares de la commune de Sainte Gemmes d’Andigné et 54 de la commune de la Chapelle sur Oudon.
Faut-il rappeler que la sous-préfecture, lors de sa construction, se trouvait sur Sainte Gemmes d’Andigné et l’actuel immeuble Les Variétés s’élève sur un terrain qui autrefois dépendait de la Chapelle sur Oudon.
En 1836, de plus, la commune de Saint Aubin du Pavoil est supprimée pour raisons politiques et Segré s’en voit attribuer la plus grande partie. Par la suite, Sainte Gemmes d’Andigné devra encore céder du terrain quand sera décidée en 1874 la construction de la Gare.
Nous en reparlerons.
Mais il faut dire aussi que le centre de Segré a été complètement transformé par la canalisation de l’Oudon et la construction des quais. Les travaux s’échelonnèrent de 1876 à 1884, donc après la décision de construction de la gare. Ces travaux permettent la naissance de la rue Victor hugo. Avant les travaux de canalisations, l’Oudon traversait la ville sous la forme d’une très petite rivière. La rivière était navigable par de petits bateaux à fonds plat, car il y avait un lieu dit : Port aux vins, dans la ruelle menant maintenant à la passerelle.
Geoffroy d’Andigné
Né en 1832, il était le fils du célèbre général d’Andigné, Sénateur du Maine et Loire, conseiller général du canton de Segré, il siégeait au conseil d’administration des chenaux de fer de l’Ouest.
Persuadé de l’importance du chemin de fer, il en parlait souvent dans ses allocutions, devant les agriculteurs, particulièrement au comice agricole de Segré. Il leur expliquait l’intérêt du chemin de fer pour l’expédition des bovins vers la villette et au-delà le nord où la demande était forte. Il mettait fin aux rumeurs qui couraient que la fumée des locomotives nuisait aux cultures particulièrement celles des pommes de terre.
E t il fit pression sur le maire de l’époque. Quand le conseil municipal se décida à construire une gare, il pensa autant au trafic voyageurs qu’au trafic marchandises. Il fit pression pour que Segré se trouve sur le parcours de la grande ligne Paris-Le Mans, Saint-Nazaire et obtint satisfaction. Il réussit ensuite en 1885 à faire doter Segré d’un atelier de réparations de locomotives. Le conseil municipal décide la construction de la gare. C’est le 30 juin 1874, que le conseil municipal de Segré sans enthousiasme particulier décide de la construction de la gare, justifiant leur décision par la nécessité de répondre à la production de l’ardoise, du minerai de fer et des bestiaux lors des foires.
Précédemment tout partait par voie d’eau, au départ de Maingué d’abord, puis de Segré quand le port fut créé. De Misengrain, des attelages amenaient les ardoises, le minerai de fer était embarqué directement dans les péniches puisque la première mine de fer se trouvait à Maingué. On peut encore voir son entrée fermée par une grille derrière la maison de l’éclusier.
Quant aux bestiaux, ils étaient conduits par les routes vers les grandes villes où se trouvaient des abattoirs.
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Le grand projet de Geoffroy d’Andigné
Celui que le préfet dénommait le colonel comte Geoffroy d’Andigné, pour obtenir le vote du conseil municipal de Segré avait reçu l’appui du sous-préfet de Segré Henri Saint René Taillandier.
Dès le 17 avril 1873, il envoyait à l’assemblée locale un long plaidoyer sur l’intérêt de la gare. Le comte de Falloux entraîne à sa suite le Conseil Général de Maine et Loire, mais il fallut attendre la décision gouvernementale. |
| Ce fut M. Caillaux, ministre des travaux publics qui donnera le signal, demandant au préfet de mener rapidement les travaux. Le choix de l’emplacement de la gare par le Conseil Municipal répondait aux exigences de l’époque et à la crainte des explosions de locomotives. L’emplacement, se situait près du chemin de Marans, route défoncée et boueuse qui fut alors remise en état et prit le nom de route de Marans, puis par la suite de Rue de la Gare.
La gare fut inaugurée le 13 décembre 1877. Fait surprenant, la cérémonie fut présidée par Mgr Lecoq, évêque de Nantes.
Geoffroy d’Andigné mourut au début de l’année 1895 après avoir sorti toute une petite région de son enclavement.
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Le transport de bestiaux
Quand la gare aux marchandises entra en activité, il y avait des grandes foires à Segré, Candé, Combrée, Vern d’Anjou, Roche d’Iré, etc….Les bestiaux étaient amenés par la route, parfois en bétaillères et repartaient de même. La gare, comme le souhaitait le Conseil Municipal de Segré offrit tout de suite de grandes possibilités. Des trains de bestiaux partirent de suite pour la Villette, au-delà vers le Nord de la France. Un chiffre parmi d’autres. Lors de la foire de Segré en 1908, on remplit cent un wagons de bestiaux. L’embarquement des animaux se faisait à la petite vitesse et pour cela, ils devaient traverser la voie ferrée à un passage à niveau, souvent fermé pour des manœuvres puis des animaux s’échappaient sur les voies. Le Conseil Municipal de Segré décida la construction d’un pont lors de la séance du 15 février 1902, mais le dossier traîna faute de crédits, le Marquis de St Gemps était intéressé car cela procurait accès au château de la Lorie. Il fit un don de 12000 frs. Finalement, le pont fut achevé en février 1907. La Marquise fut mise en place en 1910, elle était réclamée par les voyageurs attendant leur train.
L’installation intérieure de téléphone fut mise en place seulement en 1917 sur la demande des troupes américaines qui transitaient par la gare de Segré. A la veille de ma seconde guerre mondiale, la SNCF, nouvellement crée décida d’importants travaux car Segré comptait alors parmi les centres ferroviaires de l’Ouest. Il y avait alors 120 employés à la gare en plus des ateliers qui furent agrandis en employant alors 200 personnes. Les bureaux furent regroupés et agrandis, les aiguillages modernisés.
La Gare et le bassin minier
La gare de Segré et toutes les lignes qui allaient y converger vont être construites dès 1875. Des agriculteurs, hors périodes des grands travaux, viennent participer aux travaux et aux dégagements des terres avec des tombereaux tirés par deux chevaux. La construction du viaduc en mars 1877 est accélérée par l’arrivée du train qui amenait les éléments du viaduc. Puis lorsque le pont long de cent mètres commença à avancer au dessus de la rivière lentement, le Mercure dit son admiration, car huit hommes seulement assuraient cette « opération gigantesque ».
Le bassin minier va prendre une nouvelle dimension, car on procède à la répartition de nouvelles concessions d’ardoises et de fer. Avant l’ouverture de la ligne Sablé-Segré, le minerai était expédié par voie d’eau au départ de Maingué vers les forges de Trignac. Le bassin ardoisier produisait alors déjà un million et demi d’ardoises, les ardoises étaient amenées par des charrettes de Noyant à Maingué et partaient aussi par des bateaux.
Au début de l’année 1879, les premiers trains sont formés en Gare de Segré pour Sablé, Châteaubriant, Nantes et d’autre part pour Angers. Le minerai de Maingué est amené en gare de Segré par des attelages loués par les transports Veuve-Juret. Ce n’est qu’en 1910, que fut installé le transport aérien de la mine à la gare. Puis ce fut par voie ferrée que les ardoises de Noyant-la-Gravoyère et le fer du Bois 2 arrivèrent à la Gare de Segré.
Après la grande guerre, le trafic minier reprit activement. En 1920, la société minière de Segré expédia 350 000 tonnes de minerai vers Valenciennes. Le puit de l’Oudon ferma en 1929, ce qui permettra l’extension de la Gare.
La gare s’était agrandie, avec la construction d’un buffet qui devait connaître une grande réputation.
La gare joue un rôle d’animation
La gare allait jouer un rôle important dans le développement des ressources minières et aussi de l’agriculture mais au-delà, la gare a joué un rôle d’animation, ouvrant des horizons aux habitants du Segréen.
Les agriculteurs avaient leur carriole, mais les déplacements étaient limités, même avec un bon cheval.
On allait surtout aux foires de Candé, de Château-Gontier. Et dans cette ville, il y avait une autre attraction très suivie : la St Fiacre.
Les gens de la ville étaient moins heureux. Les bourgeois riches avaient d’excellents chevaux, mais dans la classe ouvrière, les plus heureux étaient ceux qui possédaient une bicyclette lourde ne disposant que d’une seule vitesse sans roue libre. Les autres pouvaient se rabattre pour aller à Angers par exemple sur des diligences à cheval tirées par deux ou quatre chevaux. Il y avait le bateau entre Angers et Château-Gontier, notamment avec des horaires incertains. Alors les trains offraient d’extraordinaires perspectives pour aller au Mans, à Paris, à Angers, à Nantes, mais il y avait aussi les trains spéciaux pour aller à Angers par exemple pour le Sacré ou les grandes fêtes foraines, pour aller aux courses de Craon en prenant un train parti d’Angers. Toujours pour les courses de chevaux, il y avait des trains pour aller à Château-Gontier et en retour des trains spéciaux d’Angers et Château-Gontier pour les courses de Segré. Le petit peuple allait aux courses pour le spectacle. Craon ajoutait les attraits d’une grande fête foraine, car il n’avait droit qu’à la pelouse, au cœur de l’hippodrome, l’enceinte du pesage était réservée aux nobles et aux bourgeois riches et eux seuls avaient la possibilité de jouer. |
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Deux évènements déplacèrent les foules : les grandes expositions de Paris en 1899 et 1900.
Au départ de Segré, il était possible de partir de 4 heures du matin pour arriver à l’ouverture des expositions et repartir le soir pour se retrouver à Segré à l’aube, le lendemain.
On allait en famille en emmenant pain, beurre, rillettes et cidre. C’était la découverte du monde. Je me souviens encore que dans les années 50, évoqua leur ancêtres, des Segréens disaient : « ils sont allés aux expositions ». C’était un évènement qui marquait une vie.
Marcelle MECHINEAU |
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